À retenir
- L'éboulement s'est produit vers huit heures, ce mardi matin, à Norangsdalen, sur la célèbre route touristique entre Øye et Hellesylt. [1]
- Bergens Annonce Tidende rapporta trois jours plus tard qu'une montagne appelée Æneipen s'était effondrée, barrant la vallée d'un haut mur de pierres. [2] L'étude départementale de 1911 indique que l'éboulement venait de Kjeipen. [4]
- Dans son relevé des pierres et des blocs rocheux de Norangsdalen, l'étude précise que certains avaient la taille de maisons. [5]
- Une semaine plus tard, Romsdals Amtstidende écrivait qu'il ne faisait aucun doute que ce puissant éboulement attirerait de nombreux touristes. [6]
Ce qui s'est effondré
Norangsdalen est la vallée qui s'enfonce depuis Øye, au fond de Norangsfjorden, et par laquelle passe la route vers Hellesylt. Au cours de cette excursion, c'est l'échancrure que vous voyez s'ouvrir au bout du bras de mer ; en 1908, c'était de loin l'itinéraire touristique le plus fréquenté de Sunnmøre.
Le mardi 26 mai, un pan de montagne s'est détaché. L'éboulement s'est produit vers huit heures du matin, sur la célèbre route touristique entre Øye et Hellesylt. [1]
Bergens Annonce Tidende en fit état trois jours plus tard et donna un nom à la montagne : à Norangsdalen, une montagne appelée Æneipen s'était effondrée, et un haut mur de pierres avait barré toute la vallée. [2] La même semaine, Romsdals Tidende en tira clairement la conséquence : un important éboulement de pierres avait traversé Norangsdalen, et la route touristique entre Øye et Hellesylt avait été détruite sur une distance considérable. [3]
Trois ans plus tard, l'étude départementale vint examiner les lieux sérieusement, et c'est son récit qu'il faut retenir. Le grand éboulement de pierres de Norangsdalen était parti de Kjeipen le 26 mai 1908. [4] Elle précise aussi que certaines des pierres et certains des blocs rocheux de Norangsdalen avaient la taille de maisons. [5]
La première pensée fut pour le tourisme
La réaction de la presse locale est l'aspect le plus humain de ce récit.
Romsdals Amtstidende, le 3 juin, à peine une semaine après l'effondrement de la montagne : il ne fait aucun doute que ce puissant éboulement de Norangsdalen attirera de nombreux touristes. [6]
C'était exact. À la fin du mois de septembre, Søndmøre Folkeblad relatait une excursion au cours de laquelle tout le groupe s'était rendu jusqu'à l'éboulement de Norangsdalen, en précisant que le temps avait été excellent toute la journée. [7]
En quatre mois, une route détruite était devenue une destination. Il faut se rappeler que cette vallée figurait déjà sur le circuit touristique : un document maritime de 1894 décrit des passagers qui, soit débarquent pour faire une promenade, soit traversent Norangsdalen en voiture jusqu'à Hellesylt, où les bateaux les ont rejoints entre-temps. [8] Le bateau à vapeur vous déposait à une extrémité de la vallée et venait vous reprendre à l'autre.
Certains blocs avaient la taille de maisons, et la rivière qui traverse la vallée disparaît sous les éboulements descendus des versants.
Une vallée façonnée par ses propres éboulements
L'éboulement de 1908 fut le plus important de sa génération, mais il n'avait rien d'exceptionnel. L'étude départementale décrit une vallée dont le fond tout entier est constitué de ce qui y est tombé.
Les éboulements de pierres sont fréquents à Norangsdalen, indique-t-elle ; de nombreuses fermes sont exposées aux avalanches, et, en bien des endroits, les habitants doivent pour cette raison s'éloigner de la rive en barque. [9] Gagner le milieu d'un fjord à la rame pour éviter ce qui pourrait tomber de la montagne n'est pas un mouvement de panique, mais une habitude.
La rivière en dit long. La rivière qui traverse Norangsdalen coule en partie sous terre, précise l'étude, ou plutôt elle disparaît sous les grands éboulements descendus des versants. [4] Une rivière qui disparaît sous les débris avant de ressortir plus bas, c'est le signe d'une vallée comblée à répétition depuis très longtemps.
Même le sol au pied des montagnes est fait de roches tombées. L'étude cite l'observation du naturaliste Strøm, selon laquelle le pied de la montagne à Norangsdalen n'est constitué que d'éboulis de versant, c'est-à-dire d'un amas de pierres recouvert d'une couche de terre. [4] Le sol de Norangsdalen n'est qu'un couvercle posé sur d'anciens éboulements.
Étroit, sombre et magnifique
La phrase qui vous apprend le plus sur la vie ici se trouve elle aussi dans l'étude.
Norangsdalen est encore plus étroite et plus sombre que le fjord qui s'étend au-dehors, et ceux qui y vivent doivent se passer de soleil pendant plusieurs mois d'hiver. [4]
Hjørundfjorden est déjà réputé pour ses versants escarpés et ombragés. La vallée qui s'étend derrière lui l'est encore davantage. Les parois montagneuses sont suffisamment proches et suffisamment hautes pour que le soleil ne les dépasse pas du tout pendant une partie de l'hiver, et les habitants qui vivent à leur pied n'avaient plus qu'à attendre.
Et ils sont restés, parce que la terre était fertile. Plus haut dans la vallée, celle-ci s'élargit et les montagnes s'abaissent ; Norangsdalen possède des pâturages luxuriants et fertiles et reste, malgré le danger des éboulements, un lieu recherché. [4] C'est le compromis sur lequel repose toute cette côte : d'excellents pâturages juste au-dessous d'une montagne qui, de temps à autre, descend jusqu'à eux.
Il existe un autre itinéraire pour sortir de la vallée, et l'étude prend visiblement plaisir à le décrire. Depuis la vallée, le Brunstadskaret mène comme un passage secret vers Norangsdalen et Frikedalen ; c'est un col de montagne étroit et sauvage, sans équivalent. [4]
Ce que vous montre le bateau semi-rigide
Le safari parcourt le fjord, pas la vallée : vous en voyez donc l'embouchure plutôt que l'éboulement.
Ce que vous percevez en revanche, c'est l'échelle qui permet de comprendre 1908. Depuis l'eau, le bras de mer qui mène à Øye est une fente bordée de parois qui s'élèvent des deux côtés, et un journal d'Ålesund de 1891 avait déjà tranché : Norangsfjorden et Norangsdalen, de Øye à Haugen, sont si uniques que rien ne leur est comparable. [9]
La route de la vallée existe toujours, reconstruite, et passe encore devant l'éboulement. Si vous prévoyez une journée en voiture dans Sunnmøre avant ou après cette excursion, le trajet de Øye à Hellesylt suit le même itinéraire que celui emprunté à pied par les passagers du bateau à vapeur de 1894, à travers les roches qui s'étaient abattues un mardi matin de mai.
L'éboulement, semaine après semaine
26 mai 1908, vers 08:00
L'éboulement se produit à Norangsdalen, sur la route touristique entre Øye et Hellesylt. [1]
29 mai
Bergens Annonce Tidende nomme la montagne, Æneipen, et décrit un haut mur de pierre à travers la vallée. [2]
30 mai
Romsdals Tidende rapporte que la route touristique a été détruite sur une portion non négligeable. [3]
3 juin
Romsdals Amtstidende prédit que l'éboulement attirera de nombreux touristes. [6]
30 septembre
Un groupe d'excursionnistes se rend sur le site de l'éboulement, par un temps excellent. [7]
1911
Le relevé du comté désigne Kjeipen comme origine et recense des blocs aussi gros que des maisons. [4] [5]
